Le risque du crowfunding pour le crédit bancaire

Alors que le financement participatif (le « crowfunding ») est littéralement en train d’exploser dans le monde, la grande banque Goldmann Sachs vient de tirer la sonnette d’alarme à travers une récente étude, indiquant que le crowfunding risque de devenir un concurrent très sérieux pour les banques dans leurs activités de crédit. La banque américaine parle d’un manque à gagner de 11 milliards de dollars par an pour les 5 prochaines années, ce qui représente 5% des profits réalisés en 2014. Plus généralement, la part des prêts bancaires auprès de certaines populations (TPE, créateurs d’entreprise, étudiants…) pourrait se réduire de 20%.

Les prêts qui sont plus menacés que d’autres

C’est surtout au niveau des prêts personnels que l’inquiétude est la plus grande de la part des banques. Ce marché représente aux États-Unis environ 850 milliards de dollars et est détenu actuellement à 80% par les banques. L’autre grande menace se situe au niveau des prêts immobiliers, secteur également grandement menacé, des prêts aux TPE et enfin concernant ceux accordés aux étudiants. C’est avec ce type de population, encline à effectuer des prêts bancaires, que les banques risquent de perdre du terrain.

Goldmann Sachs en tête, les banques américaines sont d’ores et déjà en train de réagir face à ce nouveau type de concurrence. La banque a déjà annoncé sa volonté de lancer dès 2016 sa propre plateforme de crowfunding.

En Europe, le crowfunding se développe mais à une vitesse moins forte qu’aux Etats-Unis. Une manière pour les banques européennes d’avoir plus de temps pour réagir et s’adapter. Alors que les taux boostés de crédit en ligne se multiplient par l’ouverture de compte bancaire en ligne, il n’est pas certain que ces offres promotionnelles soient suffisantes pour ne pas perdre aussi, à l’instar des banques américaines, un part de marché importante concernant les prêts bancaires.