
Groupes de mesures 8 : OGM
Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont un sujet de débat depuis leur première arrivée sur le marché il y a près d’une dizaine d’années. Les discussions portent tant sur les risques potentiels pour l’environnement et la santé que sur les enjeux socio-économiques.
L’Union européenne se distingue par le développement d’un système d’évaluation parmi les plus poussés au niveau mondial : il se base sur le principe de précaution. Néanmoins, cette procédure d’évaluation se voit régulièrement critiquée tant au sein de l’Union qu’au niveau international. L’organisation mondiale pour le commerce (OMC) regrette la lenteur du processus européen d’autorisation des OGM. L’organisation affirme aussi que le commerce international de matières premières alimentaires est perturbé par les autorisations asymétriques d’OGM de part et d’autre de l‘Atlantique. Par exemple, les OGM produits en Amérique ne sont pas toujours autorisés dans l’UE.
Enfin, l’utilisation des OGM génère des débats de société : sur le choix des méthodes de production, la liberté de choix des consommateurs, les conditions de production dans les pays producteurs d’OGM, …etc.
La législation en matière d’OGM est européenne et prévoit notamment les procédures d’autorisation, les principes pour l’évaluation des risques, les conditions d’étiquetage. Les aspects socio-économiques ne sont par contre pas abordés.
En Belgique, l’accord de coopération du 25 avril 1997 entre l’Etat fédéral et les Régions relatif à la coordination administrative et scientifique en matière de biosécurité établit un système commun d'évaluation scientifique. Les Ministres fédéraux de l’Environnement, de la Santé Publique et de l’Agriculture sont compétents pour la mise sur le marché des OGM et les Régions sont compétentes en matière de coexistence des OGM avec les cultures conventionnelles et biologiques.
En France, des débats ont lieu actuellement dans le cadre d’un projet de loi sur les OGM, qui prévoit un comité social, économique et éthique à côté d’une Haute Instance chargée de l’évaluation scientifique des risques.
Au vu de tous ces éléments, la discussion portera sur l’intérêt et l’opportunité de réviser le système actuel belge d’évaluation des OGM pour répondre aux attentes des différents acteurs dans le domaine des OGM.
Réactions: 4
Je ne comprends pas quelle est l’urgence qui nécessite une mise aussi rapide sur le marché des OGM (et qu’on ne vienne pas parler d’écologie ou encore de la faim dans le monde, qui est davantage un problème de distribution que de quantité de denrées alimentaires). Quelle est leur véritable utilité ?? Il faut arrêter cette course aux technologies auxquelles on trouve une utilité sociale par la suite : fondamentalement, les OGM servent davantage les intérêts économiques d’une minorité.
Ce n’est pas normal de subir tant de pressions ! On doit pouvoir se préserver des OGM en attendant de pouvoir se positionner solidement sur leurs impacts (et ce n’est pas trois mois d’essais qui peuvent faire le point), ce qui n’est malheureusement déjà plus possible à 100%... Je ne sais pas quel scientifique peut prétendre être sûr des impacts des plantes transgéniques en plein champs. A-t-on inactivé ou suractivé des gènes ? Quels sont les effets de l’accumulation de pesticides par des plantes supertolérantes dans l’écosystème ? Quels sont TOUS les impacts à court, moyen ou long terme des modifications génétiques sur un organisme ou son environnement ?
Je ne crois pas que quiconque puisse répondre de façon sûre à ces questions.
Et je ne crois pas que le jeu vaille la peine de prendre ces risques…
Il y a de grosses différences entre les OGM utilisés depuis plus de 25 ans dans l’industrie pharmaceutique, en milieu confiné (en labo), qui sont des OUTILS pour produire quelque chose, et les plantes transgéniques qui sont une finalité en soit (organisme à part entière, semé, cultivé et consommé en tant que tel).
Enfin, il faut absolument pouvoir résister aux pressions d’institutions comme l’OMC par exemple. Ce n’est pas la première fois que cette organisation placerait les enjeux économiques avant le bien-être des individus, et nous avons vu comme ses décisions ont déjà pu s’avérer néfastes pour les populations moins favorisées (ou bénéfiques seulement à un nombre très restreints de privilégiés).
Que l’Union européenne continue donc sa politique de précaution (pourtant pas si implacable) et que la Belgique résiste encore et toujours à cette invasion qui ne va pas spécialement dans le sens de notre bien-être à tous… On pourra alors être fier dans très peu de temps d’avoir pu se préserver un minimum (mais est-ce encore possible ?)
Bonne soirée,
nathan.
Pourquoi ne pas imposer un étiquetage clair, même pour les produits « dérivés » ? Si l’animal a consommé des OGM, le consommateur n’a-t’il pas le droit de le savoir afin de pouvoir librement choisir son mode de consommation ?
Très informant sur ce sujet est le documentaire "Le monde selon Monsanto" de Marie-Monique Robin, journaliste indépendant qui a travaillé 4 ans sur le sujet.
Du continent américain à l'Inde en passant par l'Europe, une enquête magistrale et alarmante sur la multinationale américaine qui commercialise 90 % des OGM dans le monde. La société Monsanto, multinationale américaine née en 1901 à Saint Louis, dans le Missouri, et d'abord spécialisée dans l'industrie chimique, est devenue en un peu plus d'un siècle le leader mondial des biotechnologies, en particulier sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et, à terme, c'est la chaîne alimentaire tout entière qu'elle pourrait contrôler. Mais c'est d'abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu'elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde.
Les OGM sont égalemetn utilisés dans des labos confinés pour la recherche contre le cancer par exemple.
Il y a souvent une confusion entre ces deux termes.
Bien à vous
Rollmops


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