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A vos claviers !

L’ensemble des blogs thématiques sont accessibles, vous pouvez dès lors déposer vos commentaires et réflexions sur le blog lié à la thématique qui retient votre attention. Un clic de souris, et vous aussi, prenez rendez-vous avec les générations futures.

Interview: Philippe Geluck

1. Si l'on vous dit "environnement", à quoi pensez-vous ?

C’est comme quand on me dit «Bruxelles», je pense à bruxellisation. Quand on me dit «environnement», je pense d’abord à tout ce qu’on lui fait subir, à notre bon vieil environnement. Et je me dis que si nous voulons pouvoir continuer à nous regarder dans la glace, il faut absolument que nous nous bougions les fesses !

 

2. Quels sont les gestes que vous posez personnellement en faveur de l'environnement

J’essaie d’avoir un comportement responsable et citoyen. Je prends le train plutôt que la voiture. J’essaie de produire un minimum de déchets et j’évite les voyages en avion. Le développement de l’aviation civile à bas prix est un scandale planétaire dont on parle peu, mais qui a des conséquences énormes sur l’environnement.

3. Lorsque vous pensez à l'avenir de la planète, vous êtes optimiste ou pessimiste?

Je pense que la planète s’en sortira. Les misérables créatures qui la pillent sans vergogne, c’est moins sûr.

4. Estimez vous que la Belgique est un pays actif en matière de lutte pour la préservation de l'environnement?

Pas assez, évidemment. Mais c’est toujours à ses proches et à sa famille qu’on fait le plus de reproches. Ceux qu’on aime, on voudrait qu’ils soient exemplaires. À quand des transports en commun qui remplaceront véritablement la voiture individuelle dans les villes? À quand l’isolation généralisée de tous les logements? À quand les champs d’éoliennes et de panneaux solaires? À quand l’incitation ferme pour une agriculture totalement respectueuse de l’environnement?

5. Pour vous, l'état de l'environnement de Belgique est plutôt bon, moyen ou mauvais?

Plutôt pas bon. Mais je dis ça sans connaître d’étude véritable. Mais je dis ça aussi parce que je vois des abords d’autoroutes, des trottoirs de villes, des quais de gares dans un état lamentable et je me dis que si on ne prend pas soin du bien public commun, c’est qu’à un niveau plus large, ce n’est pas terrible non plus.


6. Quelle est pour vous la personnalité qui incarne le mieux la préservation de la nature et de l'environnement

Ça a sans doute l’air « bateau », mais Al Gore, Yann Arthus-Bertrand et Nicolas Hulot font passer de vrais messages. À la fin des années soixante, l’écologiste français René Dumont nous alertait déjà sur les dangers de la surconsommation, de la pollution liée à l’automobile individuelle. Quarante ans plus tard, tout ce qu’il redoutait est en train d’arriver.

7. Quelle serait votre meilleure solution "réaliste" pour améliorer l'environnement?

Le jour où les investisseurs se rendront compte qu’ils peuvent gagner plus d’argent en vendant des produits non polluants et recyclables plutôt que du poison pour la planète, le monde risque d’être sauvé de l’asphyxie.
Je cite ce proverbe des Indiens d’Amérique du Nord: Le jour où toutes les rivières seront polluées, où toutes les terres seront empoisonnées et où l’air sera devenu irrespirable, ce jour-là, les hommes se rendront compte que l’argent ne se mange pas.

8. Et la plus utopique...?

Je suis en train de rédiger un projet auquel je réfléchis depuis un certain temps et qui risque de surprendre lorsque je le présenterai. D’ici-là, mystère…

9.. Qu'attendez-vous du monde politique?

Qu’il me suive lorsque je lui proposerai mon projet.

10. Quel est votre plus beau souvenir qui concerne la nature et que vous voulez transmettre à vos enfants?

J’ai toujours adoré observer butiner les abeilles. Plus tard, j’ai su l’importance de leur travail pour la pollinisation des arbres et des plantes. Aujourd’hui, j’apprends qu’elles disparaissent de façon dramatique. J’aimerais toujours pouvoir les observer, plus tard, avec mes petits-enfants.

Philippe Geluck

Pas de printemps sans biodiversité

Tous les lecteurs de cette lettre d’information s’accorderont à dire que l’initiative du Ministre Magnette, le « Printemps de l’Environnement », est une chance unique pour concrétiser un certain nombre d’idées sur la durabilité dans notre société. Il est encourageant de constater que différents ministres fédéraux et régionaux compétents peuvent collaborer sur des sujets aussi vastes et complexes que l’environnement, le développement durable et la biodiversité.

La notion de biodiversité ne se limite pas à la diversité d’organismes à laquelle nous appartenons. Elle concerne également la diversité génétique au sein des espèces et la diversité des écosystèmes. Ceux-ci sont caractérisés par les interactions complexes entre les organismes qui vivent ensemble et qui réagissent les uns par rapport aux autres, dont l’homme, et qui fournissent des services écosystémiques vitaux. Suite au constat alarmant sur l’appauvrissement de la biodiversité, la Commission européenne a entrepris des actions afin de mettre un terme à ce déclin d’ici 2010. En ce qui concerne cette problématique, et dans le cadre des conventions internationales qui abordent la question de la biodiversité, l’ensemble des autorités fédérales et régionales belges ont un rôle à jouer.

La biodiversité est un aspect important du Printemps de l’Environnement et cela apparaît d’ores et déjà dans les actions concrètes proposées dans les 4 groupes de mesures axées sur ce thème. Une question primordiale concerne les préoccupations quant à l’influence des espèces exotiques envahissantes et des organismes génétiquement modifiés sur la biodiversité. Il existe un point commun entre les deux : elles concernent l’introduction de nouveaux éléments dans des écosystèmes, ce qui peut avoir des conséquences néfastes sur le réseau complexe d’interactions entre les organismes déterminés par le système. Des écosystèmes vulnérables, tels que l'Antarctique et l’environnement marin, y sont particulièrement sensibles. Un événement comme le Printemps de l’Environnement vise, par excellence, à impliquer les acteurs et les secteurs concernés.

Autre fait important, le Printemps de l’Environnement contribue à renforcer le soutien social dans le cadre de l’exécution de mesures nécessaires à un environnement durable et à une gestion durable de la biodiversité. Les actions proposées dans le volet « sensibilisation et responsabilisation » sont autant de pas dans cette direction. Une contribution déterminante serait d’introduire la question de la biodiversité dans l’agenda de la présidence belge de l’Union Européenne en 2010, ainsi que l’ont demandé à l’unanimité les groupes de travail concernés aux responsables compétents.

Hendrik Segers
Plate-forme belge de la biodiversité
Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique
Animateur du groupe de travail « sensibilisation et responsabilisation »